Laurence Parisot : Jamais Sans Elles, le féminisme du XXIème siècle

A l’occasion de la soirée #JamaisSansElles du 9 décembre à l’Hôtel de l’Industrie, Laurence Parisot, première membre du Conseil féminin de notre association, a prononcé un discours remarqué qui a tout à la fois, dynamisé et ému l’assemblée, unanimement touchée par la vision qu’elle a su exprimer. Voici une transcription de son discours.

Jamais Sans Elles : un nouveau féminisme

« Ce que nous vivons ce soir est exceptionnel.

A quelques mètres d’ici, jadis, Simone flirtait avec Jean-Paul, et ici, maintenant, ensemble, nous inventons un nouveau féminisme.

JamaisSansElles ouvre un chemin pour la cause des femmes d’une modernité absolue. C’est le féminisme du XXIème siècle, le nôtre, pas celui de nos grand-mères, ni même de nos mères ; c’est le féminisme qui crée, à la vitesse de la lumière, avec la fulgurance que le digital seul permet, un public : celui qui, sur Twitter et ailleurs, est saisi par les relents tenaces et écœurant de la misogynie ordinaire. Ce public est de toutes nationalités, de toutes sensibilités, de tous âges. Mais le plus important, le plus enthousiasmant, est que ce public est mixte. Notre rassemblement ce soir n’est pas une assemblée de femmes. Je vous regarde : je vois autant de visages féminins que de visages masculins.

Ce nouveau féminisme se déploie avec l’exigence et la radicalité des mouvements révolutionnaires. Il est en effet absolu. Il ne tolère pas les demi-mesures. La nuance est bannie, l’exception interdite. C’est « Jamais ». C’est « Sans ». C’est « Jamais Sans ». Ce féminisme est vérifiable, contrôlable. Il se mesure. Un clic, une photo, un message, et le public peut infliger immédiatement un zéro de la mauvaise note. Cette évaluation instantanée n’est pas un gadget. C’est la condition sine qua non du progrès. A partir du moment où un benchmark est possible, l’espoir d’avancer est réel.

Ce nouveau féminisme révolutionnaire est absolument nécessaire. Dans « Le deuxième sexe » Simone de Beauvoir décrit, mieux que quiconque ne le fera jamais, l’infériorisation des femmes. Personnellement, je pense qu’il faut nommer plus crument la discrimination dont les femmes sont l’objet : la misogynie est un racisme. Mais, Tatiana et Natacha ont compris qu’il n’était plus le temps de philosopher. Au delà de sa portée éthique et politique, #JamaisSansElles est un puissant message pour action. #JamaisSansElles dit clairement quel doit être notre futur : pour notre pays, à tous les échelons, du plus modeste au plus éminent, le futur, c’est la mixité et rien d’autre ! Signataires de #JamaisSansElles ou non, candidats à l’élection présidentielle, prenez garde à vous ! »

Hôtel de l’Industrie à Paris, le vendredi 9 décembre 2016.


Premier anniversaire de l’association Jamais Sans Elles

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